E. coli mutante et résistance aux antibiotiques
Le mécanisme de développement de la résistance aux antibiotiques suppose le fait qu’une ou plusieurs variantes naturelles de la bactérie E. coli (appelons-les variantes xy) survivent au traitement par les antibiotiques. Par exemple, elles ne succombent pas toutes à l’empoisonnement par la fluorine. Ainsi, l’antibiotique tue toutes les colonies x, et xy n’est pas inquiété et peut se multiplier pour établir ses propres colonies tout en transmettant à ses réplications sa capacité à survivre en présence de fluorine. La plupart des colonies xy seront donc constituées de variantes xy dont on sait qu’elles peuvent survivre à une attaque avec l’antibiotique qui a déjà tué tous les x. Donc il n’est plus possible d’utiliser le même antibiotique qui a tué x pour éliminer xy. Ou vous aurez besoin d’un traitement plus long et de doses plus élevées de cet antibiotique pour venir à bout de xy. Mais il ne faut pas oublier que xy aura également ses variantes. Il y aura certainement quelque part un xz pour survivre à ces doses plus élevées.
Il a clairement été établi qu’E. coli développe une résistance aux antibiotiques. Si votre deuxième épisode de cystite est provoqué par une nouvelle contamination par la même E. coli que celle qui vous avait contaminé la première fois, il ne s’agit pas là de survivants de la bactérie qui ont muté, il s’agit de la même bactérie que précédemment, et le même antibiotique avec le même dosage fera l’affaire. Cependant, ce n’est pas ainsi que fonctionne l’enchaînement des infections urinaires à répétition. Dans ce cas, l’infection se répète de plus en plus fréquemment. Les patients retournent voir le médecin pour encore plus d’antibiotiques. Le médecin découvre que le même dosage n’est plus suffisant, donc il augmente le dosage et il augmente la durée du traitement. Ou il change d’antibiotique. De manière graduelle, il doit évoluer vers les fluorotoxines de gros calibre telles que la Ciprofloxacine. Voir sur le Cipro
Ainsi, la résistance accrue de la bactérie E. coli ne devrait pas avoir lieu si la cystite était causée par une nouvelle contamination de bactéries non-résistantes par le biais d’une contamination par les fèces ou par un partenaire sexuel ou par tout autre moyen. La résistance est synonyme de survie du plus fort – survie au-delà d’une contamination ayant déjà eu lieu.
Cette logique nous dit que des E. coli résistantes restent dans la vessie après traitement par les antibiotiques. Les faits, eux, nous disent que l’on détecte des E. coli dans la vessie six semaines après la fin d’un traitement par les antibiotiques chez 35% des femmes. Un an plus tard, les E. coli sont réapparues chez la moitié des femmes traitées par antibiotiques.
« Bien que, au départ, les antibiotiques stérilisent l’urine chez presque tous les patients, une bactérieurie revient pour moitié au bout d’un an », Thomas Fekete, Docteur en Médecine, Professeur de Médecine et de Microbiologie, Temple University, Approach to the Patient with Asymptomatic Bacteriuria.
Moins détéctables, mais tout de même présentes, les E. coli qui vivent derrière des biofilms dans la vessie : elles n’apparaissent pas dans les tests urinaires. PREUVE!
Voir également : Interaction dynamiques entre hôte et pathogène durant les infections urinaires
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